Mecatechnic distribue des pièces détachées automobiles sur un catalogue à très longue traîne, environ cent trente mille articles référencés. Les seuils d’alerte de réapprovisionnement étaient maintenus à la main dans le logiciel de gestion, donc impossibles à tenir à jour à cette échelle : trop prudents ici, trop justes là.
Le moteur
À chaque export du logiciel de gestion, une chaîne de traitement recalcule pour chaque couple référence et fournisseur trois choses.
Quand commander, par un point de commande dynamique fondé sur la demande des douze derniers mois, sa volatilité et le délai fournisseur. Combien commander, par une quantité économique qui arbitre entre coût de passation et coût de détention. Et quoi arrêter de stocker : les références dormantes, celles qui dépassent vingt-quatre mois de couverture ou n’ont plus de vente récente, voient leur seuil ramené à zéro, pour que le capital cesse d’être immobilisé sur des pièces qui ne tournent plus.
Pas de boîte noire
Le choix technique décisif a été d’écarter l’apprentissage automatique opaque au profit de la science des stocks classique, appliquée rigoureusement à trente-six mille références.
Une classification croisant valeur et volatilité différencie le taux de service visé, de quatre-vingt-dix-sept et demi pour cent sur les références stratégiques et stables à quatre-vingts pour cent sur les articles chers et erratiques, pour éviter le surstock. Les délais fournisseurs sont mesurés sur l’historique d’achats réel plutôt que repris des délais théoriques annoncés, avec un filtrage statistique des anomalies. Et les règles métier réelles sont appliquées : arrondis aux multiples de conditionnement, francos et minimums de commande, exclusions par gamme.
Chaque recommandation est explicable à un acheteur, ce qui est la condition de son adoption. Le déploiement lui-même est à faible risque : l’ancien seuil manuel est conservé à côté du nouveau, ce qui permet de mesurer l’écart avant de basculer.